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Publié par Fred Desk

Décharge de déchets électroniques des pays industrialisés au Ghana (photo Kate Davison).

Décharge de déchets électroniques des pays industrialisés au Ghana (photo Kate Davison).

Si internet était un pays, il serait le troisième plus gros consommateur d’électricité au monde, derrière la Chine et les États-Unis. Les usages numériques ont révolutionné notre vie quotidienne, pour le meilleur mais aussi pour le pire : consommation de matières premières, émissions de CO2, production de déchets, etc. 47 % des émissions de gaz à effet serre du numérique sont dues aux équipements (ordinateurs, smartphones, tablettes…), 25 % aux data centers et 28 % aux infrastructures de réseaux. Comment limiter l’incidence de nos objets connectés sur l’environnement ?

SMARTPHONES, ORDINATEURS, TABLETTES : aujourd’hui, le numérique est déjà responsable de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’Agence française de la transition écologique (ADEME) estime qu’avec l’augmentation du nombre d’appareils, d’utilisateurs et de notre consommation de données, cette empreinte carbone devrait doubler d’ici à 2025.

LA POLLUTION NUMÉRIQUE EST DOUBLE : elle est liée, d’une part, à la fabrication de nos appareils informatiques et, d’autre part, au fonctionnement d’internet (transport et stockage des données, fabrication et maintenance de l’infrastructure du réseau, etc.).

TOUTES LES ÉTAPES DU CYCLE DE VIE d’un appareil génèrent des émissions de CO2, mais la phase de fabrication est de loin celle qui cause le plus de dommages à la planète. Extraction des matières premières, fabrication des composants, assemblage, transport, ces activités sont extrêmement énergivores et nécessitent de nombreux traitements chimiques, facteurs de pollution des sols et des eaux dans les pays d’extraction et de fabrication.

LE COÛT HUMAIN de nos appareils est, lui aussi, gigantesque. Certains minerais essentiels à leur production, comme le tungstène, l’étain, le tantale et l’or, proviennent de mines où les conditions de travail sont souvent inacceptables et peuvent même contribuer à alimenter des conflits armés. En Afrique, par exemple, on recensait en 2015 pas moins de 27 conflits liés à ces « minerais de sang ».

LA FIN DE VIE N’EST PAS PLUS GLORIEUSE : d’après l’ADEME, les Français-es gardent dans des tiroirs 30 millions de téléphones inutilisés et en changent tous les deux ans en moyenne alors que, dans 88 % des cas, ces appareils fonctionnent encore. Côté recyclage, seuls 15 % des téléphones sont collectés, et l’industrie n’est capable de recycler qu’une vingtaine de métaux sur la cinquantaine utilisée.

IL FAUT DONC ACHETER MOINS, réfléchir avant de céder aux sirènes du dernier modèle, privilégier les appareils reconditionnés et aussi, on y pense moins souvent, vérifier leur réparabilité. En effet, les fabricants misent sur l’obsolescence programmée pour vous faire renouveler plus souvent vos équipements.

LE RÉSEAU INTERNET, lui non plus, n’est pas « immatériel » : il est composé d’une multitude d’équipements informatiques (ordinateurs, câbles, antennes…), qui permettent de stocker et de transférer des données (vidéos, photos, emails, pages web…). Toutes ces technologies impliquent fabrication et alimentation générant une consommation énergétique importante.

LA STREAMING VIDÉO, avec 60 % des flux de données sur internet à l’échelle mondiale, est l’usage numérique qui affecte le plus l’environnement : il émet chaque année 300 millions de tonnes de CO 2 – soit autant qu’un pays comme l’Espagne. Cette empreinte carbone est accrue par l’utilisation importante d’énergies fossiles (gaz et charbon) pour alimenter les centres de données.

DES ACTIONS SIMPLES peuvent cependant être réalisées pour limiter les dégâts du numérique sur la planète : visionner les films en basse définition, opter pour le téléchargement plutôt que pour le streaming vidéo, privilégier une connexion wifi à la 4G (la 4G consomme 23 fois plus d’énergie que le wifi), désactiver la lecture automatique des vidéos sur les réseaux sociaux… Cela permet d’économiser de la bande passante, et donc de l’énergie. Pour limiter le stockage de données dans le cloud, c’est-à-dire dans des centres de données énergivores, pensons à n’y sauvegarder que le strict nécessaire et à faire régulièrement le ménage dans nos vidéos, photos et emails. Enfin, pour économiser l’électricité, éteindre notre box la nuit et durant nos absences est aussi un bon réflexe. Ces appareils consomment autant d’électricité qu’un grand réfrigérateur !

Source : Greenpeace. Pour approfondir :

https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/bureau/bons-gestes/gardons-controle-pratiques-numeriques 

et le guide pratique "La face cachée du numérique" (janvier 2021) sur le site de l'ADEME.

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