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Publié par Fred Desk

Dessin Coco (Charlie Hebdo).

Dessin Coco (Charlie Hebdo).

"On est dans la dernière chance" avant un troisième confinement en France, a affirmé aujourd'hui sur France Inter le professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique. Tout dépendra de l'évolution des variants du coronavirus, particulièrement du variant britannique : "le moment où l'on redoute que le variant anglais devienne majoritaire, c'est le mois de mars."

"Les Anglais et les Irlandais ont été confrontés à ce variant en décembre, où il est devenu vraiment épidémique en Angleterre, et puis un petit peu plus tard en Irlande. On s'est rendu compte qu'ils ont fait des mesures de plus en plus fortes sans contrôler le variant. Ils n'ont réussi à le contrôler qu'à partir du moment où ils ont fait un confinement strict, comme celui que nous avions connu au mois de mars en France", a-t-il ajouté. Avant d'appuyer : "Pour contrer ce variant, en tout cas quand il est devenu majoritaire dans la population, c'est le confinement strict."

Arnaud Fontanet a malgré tout écarté cette possibilité dans l'immédiat. "Ce que le gouvernement cherche à faire aujourd'hui, c'est de voir si des mesures qui ne sont pas un confinement, mais qui y ressemblent et nous permettent de garder un peu de vie économique et sociale, arrivent quand même à contrôler ce variant", a-t-il expliqué. "On regarde le couvre-feu élargi, et peut-être un peu plus. Est-ce que ça empêche la progression du variant sur le territoire français ? Si c'est oui, on peut tenir encore. Si on voit qu'il continue de progresser, il faudra rapidement, malheureusement, faire ce que les Anglais et les Irlandais ont fait." 

Deux mètres de distance et fin du masque "maison"

"Avec beaucoup d'incertitude, parce qu'on part du principe qu'il serait par exemple 50% plus transmissible, mais ça pourrait être 40%, ça pourrait être 70% et ça change complètement la donne... Et puis, il faut savoir qu'il y a d'autres variants, qu'il est très urgent de détecter." Le professeur Fontanet a rappelé l'importance des mesures barrières qu'il faudra renforcer. "C'est vraiment le lavage des mains, le lavage des surfaces plus fréquents. Le masque, vous le portez et vous le portez bien. C'est tout ça qui va être important. La distance physique a été rallongée de un à deux mètres." 

Le gouvernement exclut pour l'instant de fermer les écoles. Selon le professeur Fontanet, "l'école joue un rôle d'amplificateur". Selon une étude menée avec la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), "un enfant scolarisé augmente votre risque d'être infecté si cet enfant est au lycée et au collège, mais pas si cet enfant est au primaire", a précisé Arnaud Fontanet. "S'il fallait faire un choix différencié sur les écoles, connaissant en plus les conséquences dévastatrices de l'arrêt du primaire pour des enfants, c'est peut-être chez les collégiens et les lycéens, chez qui l'enseignement peut se faire en partie à distance, qu'on pourrait proposer en premier d'arrêter l'école". 

À la question de savoir si sans fermer la totalité des établissements scolaires, il est vraiment possible de lutter contre les variants, l'épidémiologiste répond que "malheureusement, avec le variant anglais qui est arrivé en Irlande très récemment, on s'est rendu compte que tant qu'ils ont gardé les écoles ouvertes, ils n'ont pas contrôlé. Quand ils ont fermé les écoles, ils l'ont contrôlé. Une fois de plus, ce variant est plus transmissible", a-t-il souligné. 

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