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Publié par Fred Desk

Dessin Xavier Gorcé

Dessin Xavier Gorcé

S3 E43

Ces jours-ci,  les maires écologistes de Bordeaux, Lyon, Grenoble, Tours et Poitiers font une action symbolique en éclairant en rouge les plus beaux bâtiments de leurs villes, afin d’alerter sur l’urgence climatique. Par exemple, du 10 au 14 décembre, la porte de Bourgogne ou des Salinières, située près de la Garonne, est éclairée en rouge. Ce qui sera sans doute pris pour une décoration de Noël par les moins informés des passants honnêtes est en fait un message écarlate du maire Pierre Hurmic à l’humanité tout entière : cinq ans après l’accord historique signé à Paris dans le cadre de la COP 21, novembre 2020 a enregistré un nouveau record, celui du mois de novembre le plus chaud jamais relevé dans le monde. Ça chauffe gavé !

 

Pendant ce temps, Macron « méprise les travaux de la Convention Citoyenne pour le Climat », pour reprendre les mots d’EELV, et se chamaille avec Cyril Dion, le représentant médiatique des 150 participants tirés au sort l'an dernier pour proposer des alternatives. Le gouvernement vient de dévoiler les grandes lignes du texte de loi à venir, suscitant la colère du réalisateur, qui a reproché au chef de l’État de ne pas tenir sa parole, en modifiant, amendant ou supprimant un grand nombre des propositions émises par les citoyens. Les promesses n’engageant que ceux qui y croient, le président avait répété par trois fois qu’il adopterait les recommandations de la convention « sans filtre ». Après en avoir éliminé trois en juin, ses fameux « jokers » sur la limitation à 110 km/h sur autoroute, la taxe de 4% sur les dividendes et la modification du préambule de la Constitution, il traîne désormais sur d’autres sujets brûlants.

 

Toujours produire plus… de vœux pieux

Le fier Macron a gazouillé aujourd’hui depuis Bruxelles : « À la veille du 5e anniversaire de l’accord de Paris, nous, Européens, nous engageons à réduire d’au moins 55% nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. 10 ans, c’est demain. Alors mettons tout en œuvre pour réussir. Maintenant. Tous ensemble. Car il n’y a pas de plan B ! » Ce à quoi Greenpeace a vertement répondu : « Le plan B c’est pourtant celui que vous proposez ! L’accord conclu au Conseil Européen n’est pas à la hauteur de l’urgence climatique. C’est une baisse de 65 % des GES qui serait nécessaire pour respecter l’Accord de Paris. » Font chier, ces spécialistes !

 

Or, l’objectif de l’accord de Paris sur le climat était de contenir le réchauffement largement au dessous de 2 degrés d’ici à la fin du siècle. Comme le dit la climatologue Valérie Masson-Delmotte, « si nous voulons le faire, il faut que les émissions de gaz à effet de serre diminuent d’un quart entre 2010 et 2050 ». C’est sans attendre qu’il faut faire des efforts, transformer les systèmes de production, énergétique surtout, avec des solutions qui existent, ainsi que les choix de consommation et de styles de vie. « Si la demande mondiale ne fait qu’augmenter, pour l’énergie, pour les produits non renouvelables ou pour une alimentation qui a une forte empreinte carbone, en particulier tous les produits animaux ou les huiles végétales, nous ne pourrons pas atteindre ces objectifs. » Dont acte.

 

Lionel Moncla, viticulteur à Capian dans l’Entre-Deux-Mers, et membre de la Convention, regrette : « Beaucoup de nos idées ont été diminuées de moitié, voire supprimées. On nous dit que 40% des propositions ont été prises en compte. Mais ce n’était pas ça, l'objectif. C'était de réduire de 40% l'émission de gaz à effet de serre », rappelle-t-il. « Je vais attendre de voir concrètement ce que le texte va donner. J'espère vraiment qu'on n'a pas perdu du temps et de l'argent ». Une nouvelle rencontre des citoyens avec Emmanuel Macron est prévue pour le 14 décembre. Au pied du grand sapin mort, le papa Noël apprenti vert de l’Élysée aura beaucoup de mal à faire croire en lui pour sortir de l’alerte rouge. Au même moment, le maire de Bordeaux, vilipendé pour avoir renoncé à la tradition de l’arbre de Noël géant devant le palais Rohan, veut replanter des arbres bien vivants sur la minérale et suffocante place Pey Berland. Chez nous, le patron des écolos ne se prend pas pour Saint-Nicolas.

 

FD

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