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Publié par Fred Desk

Dessin Delucq

Dessin Delucq

S4 E6 (touché coulé)

 

À deux jours près, il y aura un vaccin pour Noël en France. Dimanche, pour la fête de Saint-Jean l’Évangéliste, veille du Jour des Saints Innocents, les premiers cobayes consentants recevront une injection made in USA. Ce sera suite à « une information objective et loyale » dans les 7000 Ehpad du territoire. « Pour les personnes ayant toutes leurs facultés cognitives, ou une altération très minime de celles-ci, le consentement sera bien entendu sollicité. C’est la loi ! » Dixit Odile Reynaud-Lévy, gériatre optimiste. Pour celles et ceux qui sucrent les fraises, on décidera à leur place. Mais si Mamie, c’est comme le Sanofi ! Mais après, vous parlerez couramment l’allemand avec l’accent américain ! En aparté : et puis il faut bien mourir de quelque chose, alors faisons vite avancer la science et prospérer les laboratoires.

 

En attendant les effets secondaires de la vaccination des personnes âgées, une enquête réalisée par l’Institut Pasteur montre « le risque élevé d’infection par le virus à l’occasion des repas et des réunions privées. Il sera très important de minimiser ce risque à l’occasion des rassemblements qui accompagneront les fêtes de fin d’année », estime Arnaud Fontanet, épidémiologiste chez Pasteur, membre du Conseil scientifique et directeur de ces travaux, dont les auteurs distinguent les contaminations au sein du foyer (35% du total) et celles en dehors (65%). « Lors des contaminations au sein du foyer, il s’agit avant tout, pour les adultes, d’une contamination par le conjoint (64% des cas) », relève l'étude. Papi dans la cuisine, Mamie à la souillarde (l’arrière-cuisine gasconne), le reste de la famille dans la salle à manger. Ensuite, on sépare les vieux, chacun dans son placard, et peut-être à l’année prochaine.

 

Permis de tuer

Par ailleurs, France info relève dans l'enquête pré-citée « certains résultats surprenants, comme pour certains transports en commun, qui ne sont pas considérés comme des lieux de forte contamination : pratiquer le télétravail, prendre le bus ou le tramway, faire du sport en extérieur, et avoir fréquenté des commerces étaient des facteurs associés à un risque diminué d’infection pendant le couvre-feu ou le confinement partiel, selon l'étude. » Pas très clair, mais en tout cas, Arnaud Fontanet est formel sur un point : « On voit dans cette étude une augmentation du risque associée à la fréquentation des bars et restaurants. » Ce qui fait bouillir Roland Héguy, président de l'Union des Métiers et Industries de l'Hôtellerie, dénonçant une enquête « dirigée », « très confuse », et « sans fondement ». « Si on ne rouvre pas le 20 janvier, il va y avoir 25 à 30% des cafés et restaurants qui feront faillite. » Où organiserons-nous lotos et belotes, si les bistrots ferment ?

 

Preuve ultime que le grand âge n’a vraiment pas à se plaindre : selon le mensuel de gauche Alternatives économiques, « la pandémie a fait basculer dans la pauvreté toutes les personnes qui étaient sur le fil du rasoir, mais elle crée aussi de « nouveaux pauvres » parmi les jeunes, les femmes et les indépendants. » En somme, ce sont ceux qui étaient déjà dans la précarité, l’étudiant sans job, la mère célibataire sans pension et l’auto-entrepreneur sans filet. Pour les autres, ceux qui malgré la crise peuvent encore offrir des cadeaux de Noël sans recours au vil crédit à la consommation, puis à la commission de surendettement, c’est l’« offre d’accompagnement de la clientèle en situation de fragilité financière » qui guette. Il faut bien remplir la hotte et les bas de laine, car les banques ne feront aucun cadeau. Elles iront jusqu'à contaminer le minimum vieillesse des survivants.

 

Fred Descoubes

 

 

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