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Publié par Fred Desk

#JeSuisVener

S3 E40

 

L’Agence régionale de santé propose des check-lists anti Covid trop cools qui prennent de grandes libertés avec le franglais. Dans celle intitulée « Soirée entre potes », on parle de privilégier sa « #Dreamteam », pour l’apéro « exit le gros bol de chips », on bannit « les bises et les hugs », on est soit « #TeamCheckCoude », soit « #TeamCheckPied ». Le message de prévention doit passer chez les jeunes, alors on a fait appel à une #TeamJunior pour communiquer djeunz. Ok, je suis almost un boomer, but même if I love to speak english, I don’t understand very well why we should forget our beautiful french langage just in order to sound cool, bon, je repasse en version française, je ne comprends pas très bien pourquoi nous devrions oublier notre magnifique langue française juste dans le but de faire « cool » ! Why not ? Parce que. Nous avons les moyens de ne pas écrire comme on parle, cela aiderait nos jeunes à progresser en français, c’est devenu une catastrophe au fil des années de concessions à la simplification à outrance et à la banalisation de l’hégémonie anglo-américaine sur nos existences. L’exception culturelle francophone est mieux défendue au Québec qu’en France ! Sans doute parce que la Belle Province est voisine des États-Unis, on y résiste face à l’envahissement de l’anglais dans la langue française, tout en parlant couramment cette langue. Il faut bien connaître son meilleur ennemi ! En l’occurence, ce n’est pas le rosbeef, c’est la simplification à outrance, un symptôme de notre paresse. Dans la check-list de l’ARS dédiée aux fêtes de fin d’année, wtf c’est lol : « Sur la piste de danse, on oublie la chenille, et le collé-serré... l’occaz’ de se mettre au Madison ! » (sic, « ainsi » en latin). Quel est le jerk qui a écrit ce bullshit ?

 

Si seulement nous étions « fluent »...

Bilingue, anglophile (sauf au rugby), je me délecte (it is delightful !) depuis toujours des cultures et civilisations anglophones, mais je défends la richesse et la beauté de ma langue maternelle avec véhémence. Cela ne m’empêche pas d’être également engagé pour l’usage de l’occitan, le gascon pour ce qui concerne notre région, que le centralisme parisien a réussi par nous faire appeler le « patois », afin d’étouffer toute velléité de régionalisme. Je vous assure que si nous ne réagissons pas, on va se faire absorber par l’envahisseur linguistique ! Comment ça, c’est déjà fait ? Vive les causes perdues, sus aux Vikings ! Par exemple, l’anglicisme « hashtag » vient de hash pour les anglais, pound pour les américains, number sign pour les anglo-saxons, croisillon pour nous, carré pour les Québécois, dièse pour les musiciens, crosador ou dièsi pour les occitans ! Il suffit de faire un tour sur un moteur de recherche pour apprendre que le croisillon # est à l’origine une stylisation d’un symbole de « lb », abréviation de libra, nom latin de la livre (unité de masse). En somme, il a servi à plein de choses au fil des siècles et selon les endroits. Aujourd’hui, on y ajoute « tag », étiquette, et on a un mot-clé, bien pratique sur les réseaux pour diffuser ou commenter de l’information, et même au-delà du virtuel : on y accole des slogans ou encore des plaisanteries #Joke ! Bien sûr, on dit comme on veut, je m’en fous. « Hashtag » est entré dans le dictionnaire plutôt qu’un obscur « mot-dièse » ou « mot-clic ». Mais il serait intéressant que les jeunes sachent l’origine des mots, français ou anglais, leur étymologie, parfois commune. Ainsi, ils sauraient mieux comprendre, utiliser, parler et écrire. Selon Albert Camus, « mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde ».

 

FD

 

PS (post scriptum ou play station) : aujourd'hui, l'un des premiers patients vaccinés contre la Covid-19 au Royaume-Uni s'appelait William Shakespeare. Santé publique France rechercherait un Jean-Baptiste Poquelin dans les EHPAD avant de donner l'autorisation au vaccin national.

Life is beautiful !

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