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Publié par Fred Desk

Dessin Uderzo

Dessin Uderzo

S4 E5

 

Cette fin d’année de chiottes a le parfum prononcé du sapin, on le dit beaucoup ces temps-ci. Pour se renouveler avec un goût d'épices, il est aussi permis de parler de mise en bière... de Noël. Ça, c’est fait.

 

Éphéméride : l’hiver commence officiellement ce lundi et c'est également le premier jour de la quatrième saison de la pandémie. Au moment où l’humain espère pouvoir se ressourcer en retrouvant sa famille autour de la crèche, les risques plus ou moins calculés que comporte cette trêve refroidissent sacrément l’ambiance. Les médias nous mettent en garde sur une troisième vague, prévue dès le retour à la réalité de janvier. Aucune bonne résolution ne pourra tenir face à l’absence de visibilité dans les prochains mois. Ni l'infection à risques pour les plus fragiles, ni la vaccination autant espérée que redoutée dans notre beau pays frondeur, n’immuniseront la population avant six mois. Il faut tenir la distance avant de vraies vacances chaleureuses et insouciantes, avec bannissement des distances sociales et autres gestes barrières répétés ad libitum.

 

Et voici qu’une nouvelle souche fait son apparition, contaminant les Brexiters. Ils ne font jamais les choses comme les autres, ceux-là. No deal : l’Europe ferme ses frontières aux Britanniques pour éviter la propagation de cette variante du coronavirus, 70% plus contagieuse que la continentale, d’après les autorités souveraines du royaume d’Albion. Chez nous, l’information de service public de la République nous donne pas moins de « 7 raisons de penser que 2021 va commencer avec une troisième vague ». Décidément, l’optimisme béat de Jean-Pierre Pernaud va nous manquer. « 2021 sera encore marqué du sceau du coronavirus. Car le risque d'une troisième vague n'est pas négligeable, selon le président du Conseil scientifique, le professeur Jean-François Delfraissy. « Le virus va continuer de circuler au fil de l'hiver. » D'ailleurs, fin octobre, le Conseil scientifique n'excluait pas « plusieurs vagues successives durant la fin de l’hiver/printemps 2021. »

 

Grand 1, deux points : un taux d'immunité insuffisant. « Seulement 10% des Français auraient été infectés à ce jour », selon Simon Cauchemez, épidémiologiste à l'Institut Pasteur. « Tant qu'il n'y aura pas un niveau d'immunité suffisant, le virus continuera à circuler. Nous pensons qu'il s'arrêtera avec 50 à 70% de la population immunisée. Mais nous en sommes encore très loin. » Allez, on vous la fait à 50%.

 

2 : un deuxième confinement moins efficace. Pour Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’université de Montpellier, il faudrait maintenir des mesures strictes afin que l’épidémie « s’essouffle doucement jusqu’à l’été, et on pourra se relâcher à ce moment-là parce qu’on vivra plus à l’extérieur, mais pas avant. » En attendant, d'autres vont s'essouffler.

 

3 : des températures négatives propices à la propagation. « Probablement parce que ce virus est lié au climat et que la vague de froid a favorisé sa recirculation », précise Jean-François Delfraissy. « Même si on sort correctement de cette deuxième vague, ce qui n’est déjà pas gagné, l’hiver et le printemps sont des saisons où le virus circule activement. Tous les ingrédients pour une troisième vague sont donc là », constate l'épidémiologiste Mircea Sofonea. Jeff et Mircea, duo comique pas marrant.

 

4 : des fêtes de fin d'année à risque. « Il existe un risque élevé de nouvelle résurgence dans les premières semaines et les premiers mois de 2021 », a indiqué la branche européenne de l'OMS. Le Conseil scientifique s'attend à une reprise épidémique autour du 10 janvier. Ou le 7, si vous êtes libre et disponible.

 

5 : un retour à la hausse des contaminations déjà perceptible dans le Jura. « On repart sur une vague énorme. On n'a pas fini la deuxième vague qu’on voit déjà arriver la troisième », a déclaré Didier Pier-Florentin, délégué ARS du Jura (région Bourgogne-Franche-Comté). Le sapin du Jura, c'est le meilleur.

 

6 : l'efficacité de la stratégie « tester, tracer, isoler » encore à prouver. L'efficacité opérationnelle de cette stratégie ne sera pas connue tout de suite et le ministre de la Santé Olivier Véran a précisé qu'elle « continue d’évoluer à mesure que nous apprendrons comment faire face à cette pandémie. » La stratégie du doigt mouillé, c'est top. 

 

7 : les effets du vaccin pas visibles avant l'été 2021. « L'arrivée des vaccins n'aura pas d'impact sur le premier trimestre 2021 et très peu sur le deuxième. Ce début d'année ne sera pas différent de 2020 », selon le président du Conseil scientifique. Bon, Jeff, tu sors maintenant.

 

Grand 8 : nous n’en avons pas fini d’avoir peur et de nous faire secouer dans « l’ascenseur émotionnel », pour reprendre la nouvelle expression favorite des Français, succédant à feu « que du bonheur ». Le bonheur, il est où ? Et quand ? D’après les responsables du manège, il ne faudrait pas espérer de pente douce avant l’été. Précarisant nos existences, travaux, projets et espoirs, la Covid va jouer avec nos nerfs pendant cinq saisons, dont deux printemps. 2020/21, saison de chiotte.

 

Fred Descoubes



 

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