Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Fred Desk

Entre nos mains

S2E12

 

Ce matin, le ballet des aéroplanes a repris de plus belle. Surpris par les grondements qui viennent du ciel désert et paisible pendant trois mois, les passants lèvent la tête comme au temps de pionniers de l’aviation. Il y a même un Airbus A350-1000 qui fait des essais discrets entre Toulouse et Bordeaux, certes moins bruyant que les avions militaires qui agressent les tympans et les bourses des civils. Nous ne sommes plus en guerre, pourtant. Au ras du sol, les rues, la rocade, les routes, les autoroutes sont remplies de caisses roulantes dont beaucoup dépassent les limites de vitesses autorisées, consommant et polluant davantage, et font tourner la climatisation du diesel à fond les manettes pour supporter la canicule automobile. Sur le Bassin, selon mon pote éleveur d’huîtres, les jet-skis et les hors-bords s’imposent à nouveau pour l’été, comme si de rien n’était !

 

Dans quelques jours, je monterai avec un masque jetable (pas l’étouffant cadeau de la métropole) dans un train électrique pour Paris, un Ouigo écolo. Il paraîtrait que l’énergie nucléaire serait propre, seulement si l’on se laisse oublier que les minerais enrichis qui colonisent nos centrales ont été arrachés aux entrailles de pays non moins colonisés et que des déchets à vie éternelle et dévastatrice seront mis sous le tapis pour des siècles sans qu’on sache comment s’en dépêtrer. Je n’ai même pas peur de passer du vert du Sud-Ouest à l’orange de l’Île de France et au Grand Est, où comme à Bordeaux, les rouges tomates vendues en supermarchés sont soit marocaines, soit nées sous serres hollandaises. Un comble, les marmandaises sont trop chères à cent kilomètres de leur lieu de production ! Le ministre de l’agriculture, en visite cette semaine dans notre ville, peut toujours faire l’éloge des circuits courts devant les micros. De belles paroles qui ne lui coûtent rien. Avec la course aux marges de la grande distribution et la masse qui veut consommer pour le moins cher possible, on n’est pas encore sorti de la mondialisation. Est-ce décidément trop difficile et si mal engagé ? On se dit ciao-bye-hasta-la-vista-baby, à la prochaine catastrophe engendrée par le bouleversement de la biodiversité, comme si de rien n’était ?

 

Action !

La décennie qui vient de s’achever a été la plus chaude de l’histoire. Celle qui a commencé battra le record. Il y aura des pics à 50 degrés celsius en France en 2050. C’est l’état d’urgence climatique. Hier à la radio, dans l’émission « Grand bien vous fasse » de France inter, on a parlé d’éco-anxiété, ou « Comment rester écolo sans devenir dépressif », d’après un livre éponyme. Il n’y a pas de bien à se faire du mal. Allez, si, j’insiste. Vous les sentez, les records de températures mensuelles battus chaque année ? Vous les vivez, les aléas climatiques qui se succèdent ? Les voyez-vous, les oliviers, lavandes et autres plantes méditerranéennes qui prospèrent sous nos latitudes océaniques ? Le niveau de l’eau qui monte inexorablement dans nos lacs côtiers ? Le mitage de nos campagnes pour construire des lotissements hideux de rurbains ravis qui exigent les mêmes services qu’en ville ? Aujourd’hui sur la même fréquence nationale, ils ont remis ça, les sadiques : « la crise covid, une chance ou un risque pour l’environnement » ? Sérieux, c’est très bien d’y réfléchir, mais si on pouvait agir maintenant et sans attendre davantage, ce serait bien, non ? Ok, on a subi un choc, on a été sidéré, on s’est senti impuissant, on a déprimé, puis on a pris conscience, on a dit plus jamais, bon, mais alors on réagit et surtout on agit quand, dites ? Les gestes écolos au quotidien, et pas seulement pour les bobos, c’est très simple, pourtant. C’est juste une question de bon sens : la marche à pied, le vélo, le bac vert, le recyclage, le compostage, l’eau de rinçage de la salade dans les plantes, pas d’eau en bouteille, des douches plus courtes, les produits avec moins d’emballages, lire les provenances et les ingrédients sur les étiquettes, rouler en bagnole moins polluante, moins prendre l’avion, fermer les fenêtres de navigation de l'ordi pour que les serveurs informatiques consomment moins, etc. Bref, tout ce qui constitue un cercle vertueux concentrique et contagieux auprès de ses proches. Mais comme le dit Cyril Dion, l’auteur des édifiants documentaires « Demain » en 2015 (avec Mélanie Laurent) et « Après demain » en 2018, rien ne se fera si l’on ne passe pas aussi à la vitesse et à l’échelon supérieurs : des plus petites aux plus grandes administrations et entreprises, toutes doivent s’y mettre, sous notre impulsion, nous en faisons partie et pour certaines, elles nous appartiennent. Interrogeons nos pratiques, des plus simples aux plus complexes, avec comme unique objectif de préserver le vivant, notre milieu, nos descendants. C’est pourtant simple, dit comme cela, n’est-ce pas ? Quoi qu’il en coûte, ne faisons plus « comme si de rien n’était ».

 

FD

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article