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Publié par Fred Desk

Au pays d’Aliénor 
Au pays d’Aliénor 
Au pays d’Aliénor 

S1E47 ou - 9 !

 

Le beau temps revient début mai, alors sortez de chez vous ! C’est impossible pour les Bordeluches de se rendre à la plage ou à Nérac pour le moment ? Restons donc dans notre « isodistance » de 100 kilomètres, avec une Haute-Lande à découvrir si possible en petite reine ou canoë-kayak. Bienvenus dans les contrées de mes ancêtres, qui ont vécu entre Muret et Saugnacq, Moustey et Belin. Voici le pays de la Petite et la Grande Leyre, créant l’Eyre qui se jette par un beau delta navigable dans le bassin d’Arcachon. Descoubes désigne une étendue couverte de genêts, servant à faire des balais, las escobas, et un parc à moutons de Biganon, en sortant du lieu-dit Peyrin (prononcer « peillerine »), sur la route qui rejoint la toute proche Gironde par le hameau de Joué, non loin d’Hostens. D’une famille de pasteurs et de laboureurs, devenu meunier comme son père, mon ascendant au cinquième degré a « marié » une Bélinétoise en 1818 et émigré au moulin du Bouron, à sept kilomètres de chez lui. Son fils a pris la suite et également travaillé aux moulins de Hongrand, du Pas du Moine et de Mons, qui étaient tous sur la commune de Belin.

La société belinétoise était agro-pastorale, tirant partie de toutes les ressources de la nature. Sur les vastes étendues couvertes de landes chères au poète et photographe Félix Arnaudin, pacageaient les moutons dont le fumier servait à amender les champs de seigle, blé, millet, sarrasin, les jardins et les prairies. Une petite partie était occupépar la pinhada (pinède) et la cassanha (chênaie). La vigne était également présente, ainsi que l’élevage bovin. Dès la moitié du XIXème siècle, les étendues de landes ont été ensemencées de pins pour « assainir » ce pays (de) sauvage(s). L’agriculture continué d’exister, gardant les mêmes surfaces jusqu’à la première guerre mondiale, après laquelle elles ont diminué régulièrement au profit de la forêt de production que nous connaissons aujourd’hui. Si l’agriculture traditionnelle a vécu, le XXème siècle a vu la création de champs immenses dédiés à la maïsiculture intensive, beaucoup trop consommatrice d’eauLes échassiers et les meuniers ont disparu, les résiniers et les bûcherons aussila monoculture mécanisée du pin triomphéLrail et les longues routes toutes droites ont ouvert la Haute-Lande au monde moderne.

Petits et grands détours

​​​Revenons très loin en arrière : chez Aliénor qui serait, elle aussi, née à Belin en 1122 dans le château dont il ne reste qu’une butte qui domine le bourg et une stèle commémorative en français et en anglais. Duchesse d'Aquitaine, belle et infidèle reine de France puis queen d’Angleterre par son mariage d’amour avec Henri II Plantagenêtelle a accordé aux habitants de Belin une charte avantageuse et marqué l’imaginaire gascon. Le château de Belin, cité dans une chanson de geste dfrère de Bégon de Belin, combattant des Sarrasins au IXème siècle, a accueilli plusieurs souverains britanniques. Ils y ont reçu l’hommage des seigneurs landais et séjourné pendant la guerre de Cent Ans, qui prit fin en 1453 à Castillon-la-Bataille. À la Révolution, la paroisse annexe Sainte-Quitterie de Belin formé la commune de Belin et le château a été petit à petit démantelé. Sa dernière tour a disparu à la fin du XIXe siècle. En 1895, il y avait 1700 habitants à Belin et Béliet réunis. Il y en a plus de 5000 aujourd’hui, et cela ne fait qu’augmenter. Le siège de la communauté de communes du Val de l’Eyre est à Belin-Béliet, ainsi que la Maison du Parc naturel régional des Landes de Gascogne.

Curiosité : Saint-Pierre de Mons, édifice du XIIe siècle modifié au XVe, et rendu célèbre au XXIème par les Petits mouchoirs de Canet, est une église jacquaire sur la route de Tours, avec un gite pour les pèlerins au sein de sa magnifique clairière sans âge. Elle est monument historique, comme la croix de son cimetière, l’obélisque dit Croix des Pèlerins et la toute proche Fontaine Saint-Clair, guérisseuse des yeux. L'église Saint-Pierre de Belin accueille les offices de la paroisse. L'église de Béliet, dont le clocher a été un gouffre financier dès sa construction, est aujourd'hui désaffectée. On a envisagé de transformer l'édifice en marché couvert, piscine ou maison des associations. Si vous avez d’autres suggestions, adressez-vous à la mairie, parachutée dans un no man’s land à égale distance des bourgs de Belin et Béliet, réunis en 1974. 

Il existe à proximité un autre joyau : au milieu de nulle part, près du ruisseau du moulin de Lugos qui se jette dans l’Eyre toute proche, découvrez une merveille bâtie sur un tertre dans un écrin de verdure. C’est l’église Saint-Michel du Vieux Lugo, datant du XIème siècle et qui trônait dans l’ancien village de Lugos, déplacé à quelques kilomètres. C’est un rare plaisir de visiter cette nef antique et silencieuse, tout comme l’église Saint-Eutrope à Muret dans son airial lumineuxou encore la belle chapelle de Belhade. Et quand vous serez sur la route de Lugos, au pont de Mesplet, vous trouverez une plage au bord de l’Eyre, idéale à la belle saison, au coeur de la lande chauffant au soleil.

FD

À visiter : l’Écomusée de Marquèze à Sabres, à moins de 100 km de Bordeaux ! www.marqueze.fr


 

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