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Publié par Fred Desk

La peste et le choléra

S1E20

Chaque jour, le décompte macabre des victimes de la pandémie mondiale se poursuit, pays par pays, région après région. Les plus optimistes lui préfèrent le nombre de guérisons après hospitalisation, c’est vrai que c’est plus gai et très tendance, comme fêter nos héros négligés voire totalement ignorés jusqu’alorsLes sots métiers sont enfin loués. Peu importe, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, paraît-il.

Les comptes définitifs seront faits après la guerre, le virus n’ayant pas encore fait le tour de l’Afrique ou de l’Inde, ce qui serait une catastrophe. Quoi qu’il advienne de ces populations sans cordon sanitaire fiable, le nombre de morts entrera inexorablement dans cette histoire qui se fait sous nos yeuxla crise étant sans précédent pour nos générations sans conflit généralisé. Pour autant, ne pas oublier les guerres locales déléguées voire encouragées par nos grandes puissances qui n’ont qu’un seul objectif : la prospérité d’un modèle de société mercantile unique, cynique, et d’un mode de vie moderne indiscutable qui n’a de cesse de dévaster l’environnement humain et naturelSuicide collectif.

Bref, je m’égare, ou pas. Le confinement, l’angoisse, le manque, l’incertitude, ces menaces pour la satisfaction des besoins fondamentaux de la race humaine, n’avaient pas disparu de la surface de notre planète. Nous prenons en pleine face un tsunami qui submergeait des peuples depuis toujours, mais qui nous épargnait grâce à des digues de pouvoir, d’argent et de vanité que nous croyions infranchissables. Il a suffi d’un battement d’ailes de papillon, ou plutôt d’un seul pangolin perturbé par nos convoitises, pour dévier le flot. Entre peste et choléra, après cancer ou infarctus, cette fois-ci nous n’avons pas eu le choix, ni dans les maladies, ni dans les datesNos programmes sont coronavirussés, nos projets covidisés, les agendas en réa, encore que, par pour tout le monde. À qui tout cela pourrait-il bien profiter ? Je ne vous le demande pas, car je vais vous le dire !

Un taré qui attaque au couteau, et voilà que cela repart de plus pas belle : "Je demande au gouvernement de cesser de vider les prisons et les centres d’accueil de demandeurs d’asile. Des drames surviendront encore si cette politique irresponsable continue." Pas folle, la guêpe. C’est un complot, si ça se trouve, l’épidémie vient du Soudan ! Récupérer, détourner, amalgamer, exploiter, un métier vieux comme le monde, celui du papi facho et de sa grande famille de malfaiteurs avec masques et postichesLes Le Pen sont l’incarnation de nos plus vils penchants à l’enfermement et à l’autodestruction. Ils fascinent, repoussent et attirent, ce sont des aimants aux pôles contradictoires, à l’instar de Hitler ou Staline. Ils sont tout autant des criminels que l’illuminé de Dieu ou de tout autre prophète de malheur, qui sont des insultes à notre discernement.

 

Dans les pays où les libertés d’opinion et d’expression existent encore un peumais sont trop délégués, il y aura des règlements de comptes plus ou moins feutrés dans des commissions d’enquêtes parlementaires sur la gestion de cette crise. Comme les propositions pour les "jours d’après" qui émergent de nos cerveaux en fusion, ces introspections salutaires devront aboutir à des responsabilités très clairement établies et à des décisions exceptionnellement précises et satisfaisantes, surtout pour ceux qui ont perdu des proches, ou leur travail, ou tout espoir de vie meilleure à l’avenir. Sinon, les survivants de ce chaos exhumeront des urnes les cendres d’un cadavre honteux et décadent aux allures de phénix blond et lumineuxLa peur n’est pas toujours mauvaise conseillère, elle peut sauver le monde, à condition de calculer les risques encourus et d’anticiper les conséquences de nos actesAlors, on choisit quoi la prochaine fois, la pire des dictatures de l’avidité et du profit court-termiste ou la réelle et patiente démocratie nourrie à l’instinct de vie et à l’intelligence collective au service de l’humanité tout entière ?

J’entends déjà mon surmoi qui cède et concède : "C’est bien joli tout ça, mais à quoi bon ? Soyons fatalistes, ce sera toujours pareil. Rien ne changera jamais vraiment. De grandes espérances, les belles intentions, et puis patatras !" Eh bien non, c’est à nous de jouer, ici dans nos foyers et maintenant par tous les moyens, pas de paresse intellectuelle et de facile renoncement ! Nous n’avons pas d’alternative. Chaque initiative qui transformera nos comportements vains et mortifères comptera et infuseraNous devons cela aux petites lumières de celles et ceux qui nous ont précédés, par exemple à ma grand-mère décédée un 5 avril à l’âge de 102 ans, non seulement grâce ou à cause des progrès de la science, mais aussi parce qu’elle s’est toujours accrochée bec et ongles à l’existence en dépit des obstacles du destinDésormais, c’est carrément la survie de nos enfants et de notre espèce qui en dépend, rien de moinsLe jeu en vaut complètement la chandelle. Que l’apparition de ce nouveau fléau nous serve à quelque chose, c’est le défi de notre siècle, bon sang ne saurait mentir ! Résilience, chiche !

"La sagesse ne peut pas entrer dans un esprit méchant, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme." (François Rabelais, Pantagruel, 1532)

FD

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