Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Fred Desk

L'enfer, c'est les autres

S1E29

 

Je vous préviens, je ne suis pas d’humeur, aujourd’hui. Quand j’ai entendu « l’autre » citer l'article premier de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, j’ai défoncé la télé. « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. » Ils sont vachement utiles, les spéculateurs qui l’ont fait élire. Par hasard, ce ne serait pas pour leur renvoyer l’ascenseur social qu’il ré-ouvre les écoles ? « Trop d’inégalités », prétexte Macron. Mon œil ! « Des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal », les parents, pourront enfin retourner au boulot, voilà tout. Encore une théorie du complot qui « n’aurait aucun sens », comme de tester tous les Français ? C’est cela, oui.

 

Pour me changer les idées, je préfère penser aux pigeons, ça me détendPas au petit peuplemais à ceux qui envahissent l’ancien vélodrome bordelais inauguré sous le joug du maire collabo Adrien Marquet en 38*. Théâtre des exploits des Girondins de Bez et Jacquet dans les années 80 (Raymond Domenech y a marqué des fesses, c’est vrai, j’y étais), c’est désormais le terrain de jeu des rugbymen de l’Union bordelo-béglaise. Les volatiles descendants des voyageurs héros de la guerre de 14 se délectent tranquillement des graines de pelouse sans être emmerdés par des drolles en short qui se roulent dans l’herbe. On fout la paix aux ramiers, tant mieux, j’en ai marre de l’humanité parasite.

Un exemple, Robert Ménard : j’ai fait ma bonne action en achetant un almanach de Journalistes Sans Frontières alors quce bouffon en était le fürher, c’est aussi rageant que d’avoir filé des ronds à l’ARC du temps de Crozemarie (les moins de 20 ans ne peuvent pas comprendre). Et l’autre teigne patriote à petites lèvres, mais très grande gueulele tout gravement infecté de père en fille La fausse blonde crispée traite la gauche d’« immigrationnistes » dans un néologisme néonazi à la papa et accuse les clandestins de nous ôter les masques de la bouche. Franchement, il y a des pains dans la tronche qui se perdent. « Je pense que la France est un pays en voie de sous-développement avec les impôts les plus élevés du monde. » Mais ferme-là, hilhe de pute ! Pendant ce temps, tes amis sous-développés du cerveau, les intégristes de Saint-Nicolas du Chardonnet, font dans le cinquième une messe clandestine retransmise sur YouTube. Grillés, les corbeaux ! Plus cons qu’eux, tu meurs. Au niveau local, ça ne vole pas très haut non plus : en ces temps de confinement des esprits, 90 % des appels après 16 heures à la police bordelaise sont des dénonciations. Délation, nous voilà ! Et à l’échelon global, It’s a Wonderful World : à quelques encablures de la Trump Tower, au large de la Grosse Pomme, on aligne les morts du covid entre quatre planches dans des fosses communes sur Hart Island. Make America Great Again. L’humain progresse.

Bon, revenons à nos moutons. « Bribri, je te le lis, tu me donnes ton avis après : "Aujourd'hui à Bergame (ok, l’Italie en premier, çc’est fait)Madrid (ouil’Espagne, pff, les pauvres gens)Bruxelles (c’est bien, les Belges et l’Europe, d’une pierre deux coups)Londres (ah ! l’Angleterre et ce vieux Boris, il va mieux, je crois)Pékin (les Chinois, on est obligés, mais ils nous enquiquinent, ceux-là)New York (oh ! c’est horrible ce qui se passe là-bas, aux States)Alger (la blanche du Maghreb, bien sûr, inévitable) ou Dakar (nos chers bons amis de l’Afrique Noire)nous pleurons les morts d'un même virus." Dis-donc, Brigitte, j’ai pas parlé de Montréal, Rio ou Téhéran, c’est pas grave, hein, de toute façon on peut pas citer tout le monde, il faut bien faire des choix. Qu’est-ce que t’en penses, c’est bien, non ? L’Europe, l’Asie, l’Amérique et l’Afrique, voilà, on est bons, là, allez, banco ! J’y vais. » Et s’ils ne sont pas contents, c’est pareil. Les autres, in’en a rien à cirer. « Moi le premier. » Ses compatriotes peuvent crever, comme en 68 : en France, dans l’indifférence générale, 35000 personnes sont mortes de la grippe « de Hong Kong ». Aucune importance, les peuples ont la mémoire courte. Pour toujours ?

 

FD

 

*Le Parc Lescure

 

En 1912, quinze hectares appartenant à la famille Johnston sont vendus à un consortium d'entrepreneurs bordelais pour être lotis. Ce terrain est issu du morcellement de la propriété du château Lescure, voisin du domaine Pellegrin. À cette époque, ce secteur est occupé par des fermes polyvalentes et des parcelles viticoles. La pression foncière pousse l'urbanisation à franchir les boulevards périphériques, mais la première guerre mondiale retarde sottement le projet.

En 1923, sept hectares ne sont toujours pas construits en raison de leur proximité avec le lit du Peugue, c’est chiant, la nature. Sous l'impulsion du maire de la ville, Fernand Philippart, excellent perchiste, le terrain restant est alors rétrocédé à la société immobilière des sports, afin d'y construire un « Parc des Sports ». 

L'année suivante, le parc Lescure est inauguré. Il s'agit d'un stade polyvalent, conçu notamment pour des courses cyclistes, le long d'une piste elliptique de 400 mètres. Des difficultés financières surviennent et obligent la société gérante du stade à le vendre en 1932. Il est évoqué un temps de céder à nouveau le terrain à des promoteurs afin de poursuivre l'urbanisation du quartier, mais c'est la ville de Bordeaux qui décide finalement de le racheter pour le maintenir dans sa vocation sportive. 

Il ne reste aujourd'hui plus rien de la première enceinte, à part la première pierre posée, encore visible dans un recoin de l'actuel stade.

La suite de l'histoire est sur Wikipédia.

Pour avoir l'image, tapotez bordeauxphotopassion.fr

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article