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Publié par Fred Desk

Covide, descends !

S1E24

 

"All the world’s a stage, and all the men and women merely players ; they have their exits and their entrances, and one man in his time plays many parts..."

Le monde entier est un théâtre, et tous les hommes et les femmes seulement des acteurs ; ils ont leurs entrées et sorties, et un homme dans le cours de sa vie joue différents rôles...

William Shakespeare, As You Like It (Comme il vous plaira, Acte II Scène 7).

 

Ce blogue étant public et ses lecteurs ne me connaissant pas tous, à part neuf abonnés, six potes, trois sœurs, deux neveux et un mec empégué sur la toile, je vais me présenter humblement et vous dire qui je suis, en tout cas ce que j’en sais, d’après des informations vérifiées trois fois par mes sources.

 

Je suis né à Talence, sur les boulevards, c’est n’importe quoi, entre Noël et le Jour de l’An, donc n’importe quand. Un quart landais du nord, un quart girondin de l’est, un quart lot-et-garonnais de l’ouest et un gros tiers bordelais du sudQuand j’étais petit, entre deux chocs pétroliers et un aller-retour à Piraillan-Forêt, mon géniteur lisait le Canard enchaîné. C’était au temps des diamants de Bokassa et du suicidé Robert Boulin. Le journal Pilote, où sévissaient Goscinny et Uderzo, tombait sous mes yeux ébahis. À 13 ans, j’ai créé mon premier journal satirique, il s’appelait Heure de Colle. Hara Kiri, Charlie, Fluide Glacial et l’Écho des Savanes ont façonné mon esprit névrosé, mon sens critique, et vice-versa. Aujourd’hui, à part la belle revue XXI et toujours le Monde diplo, j’ai du mal avec les journaux des autres. J’ai aussi été créateur et scénariste éphémère d’une BD où des poscayes se substituaient aux humanoïdes. C’est tombé à l’eau et j’ai fait des tours de bocal à la fac de lettres jusqu’à me noyer dans un verre d’eau tiédasse. Mes grandes idoles et petits rapporteurs de la comédie humaine ont tour à tour mis l’arme à gauche : les Pierre, Étaix, Dac, Repp et bien sûr Desproges, Francis Blanche et Jean Yanne, Coluche et Devos, Rouxel et ses Shadocks, Reiser et Gotlib, Bruno Carette et Augusto Pinochet. À ce jour, Jean-Jacques Sempé, ce vieux Pessacais de mes fraises, est le seul survivant, ou presque.

Devenu journaliste sur le tard et sur le tas, j’ai pigé assidûment et créé en l’an 2000 un torchon du nom de Nouvelles vagues, soutenu par les copains utopiens. Y ont sévi quelques rédacteurs plus ou moins talentueux, les dessinateurs Urbs, de mauvaise réputation, désormais dans le Sud Ouest et déchaîné en quelque mercredi dans le Canard, et Barros, Bar pour les intimes, comme moi trop sensible et écorché pour évoluer dans un monde de clairvoyants opportunistes. J’ai brutalement perdu mon pépère repère pervers, puis lancé un prototype de site d’info sans modèle économique, Cityzen Mag, qui s’est glorieusement écrasé au décollage. J’ai fait deux bambins alors qu’au départ je n’en voulais surtout pas : "À partir de combien de millions d'enfants morts est-on en droit de douter de l'infinie bonté de Dieu ?" Je ne regrette pas mes ados, ils produisent ma jouvence. Et puis : "Les femmes et le bordeaux, je crois que ce sont les deux seules raisons de survivre" (merci monsieur Cyclopède). Tant qu'il en restera quelques gouttelettes.

 

Dans les dernières années, j’ai tenu sans trop y croire (je suis agnostique) un rade altermondialiste, pseudo-militant et écolo-compatible. En résumé, une usine à gaz. Un 7 janvier, nous avons perdu Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré, Bernard Maris, etc., et nos dernières illusions pour un moment. Le 13 novembre augmenté du 14 juilletc’était pour toujoursMa mère s’étant discrètement effacée, mon ami d’enfance tiré, jai fini par céder mon commerce avec joie et non sans peine à de jeunes imbéciles avides et sans scrupules. Leur rideau de fer est baissé pour cause de lâche pandémie et je ne peux pas les plaindre, c’est plus fort que ma compassionUn burn out et un arbre généalogique plus loin, j’ai repris la plume que je n’avais pas vraiment quittée. Et me voili ou me voiçà avec ce blog de confiné de canard, m’attelant chaque jour à faire sourire en coin coin ou à connecter les synapses de mes compagnons d’infortune. Nous sommes confits par l’overdose d’approximations verbeuses et contradictoires des décideurs et des médias sérieux, concentrés et subventionnés par nos soinsNous méritons mieux : des canaux qui montreraient la réalité crue et diraient toutes nos vérités.

 

Comme mes contemporains, je reprends contact avec les copains d’avant le chaos, enchanté de refaire leur connaissance, je poste ma photo innocente sur les réseaux, je me sens comme dans un amphithéâtre bondé en première année de médecine et je rase les murs. Enfin, j’attends en fumant sur la terrasse que les chauve-souris du coronavirus nous lâchent la grappe pour reprendre une vie quasiment normale. Jusqu’à la prochaine fois. Bonne lecture, abonnez-vous au blog (c'est gratuit), partagez s'il vous plaît et cliquez sur les pubs, ça me fera peut-être gagner quelques brouzoufs (c'est pour le chien). Je vous embrasse sans masque et sans geste barrière.

 

Stay alive. 

FD

 

Sans supplément de prix :

 

"Plus belle la vie"

 

Le top 50 dce qui ne nous manque absolument pas pendant le confinement :

 

L’omniprésence des Bordeluches et des Parigos au Cap Ferret

Les chroniques boursières à rallonges sur France Inter

Le sourire béat de Jean-Pierre Pernaut à 13 heures (il est revenu ? merde)

Les injonctions à la consommation des panneaux en quatre par trois

Le nuage de pollen de la forêt de pins des Landes de Gascogne

La queue aux tire-fesses des stations de ski alpin et pyrénéen

Les concerts en plein air de Pascal Obispo à La Rochelle

La drague lourde des mecs bourrés au Blue Night Dancing Club

Les commentaires niais et les pop corns des voisins au cinéma

Les "c’est vrai que…" et "voilà" des interviews de sportifs

 

Les vociférations haineuses et xénophobes des supporters de foot

Les zones commerciales bétonnées et bondées le samedi après-midi

Les "que du bonheur" de nos contemporains ravis de la vie

Les files de bagnoles aux moteurs allumés au drive du Macdo

Les bateaux à moteur et jet skis sillonnant le bassin d’Arcachon

 

Le couloir à camions de la rocade et de l’autoroute nord-sud

Les applaudissements enregistrés ou forcés à la télévision

Le ballet ininterrompu des avions dans le ciel de Bègles ou d’Eysines

Le harcèlement incessant des démarchages téléphoniques à la maison

Les coups de klaxons intempestifs de tous les cons pressés

 

Le parfum entêtant de la pouffe sur-maquillée dans le tram

L’haleine fétide de Jean-Mi qui fait quatre bises au bureau

Le marteau-piqueur qui démarre pile au moment de la sieste

L’agression du réveille-matin en plein coeur d’un rêve érotique

Les bateaux de croisière bouchant la vue devant le miroir d’eau

Les navets à succès affligeants du théâtre des Salinières

Le mariage de Kelyn et Nolan chez les cousins relous de Guéret

Les "en mode...", "steuplé", "de ouf" et "déso" des jeunes imbéciles

Les « c’était mieux avant » ou « de mon temps » des vieux cons

Le dilemme au restaurant : "je lui laisse un pourboire ou pas ?"

 

Les élucubrations des commentateurs sur les frasques de Neymar

La joie éternelle du curé de la paroisse à la messe de 11 heures

Les profs de français des enfants avec des cheveux gras ou rouges

Les cailleras qui traînent et dealent au skate parc du quartier

Les invitations de convenance chez les amis d’amis qui votent RN

 

La culpabilité de regarder la télé ou de squatter les chiottes

Le repas dominical chez belle maman à pétaouchnok-les-oies

Les avis et conseils sans intérêt de mon voisin d’en face

Les réponses sibyllines et gaffeuses de Sibeth Ndiaye (elle est revenue ? merde)

Le coucher de soleil à l’océan avec un con de nuage juste devant

 

Le bus de 7h43 qui passe à 48 et me fait embaucher à la bourre

Le rendez-vous tinder qui fait matcher un futur conjoint violent

Le chef de service sans vie perso qui lance un debriefing à 16h57

Le connard qui roule à deux à l’heure quand j’ai envie de pisser

Le cambrioleur qui attend mon départ pour rentrer par la véranda

 

Le morbac dont s’est entiché ma fille qui vient sonner à la porte

La tournée des activités de loisirs des gosses le mercredi aprèm

La roulette du dentiste nazi qui répète que c’est sans danger

Le raisonneur énervant qui se permet un "y’a pas mort d’homme"

Le plombier ukrainien qui baise ta femme quand t’as le dos tourné

 

Tchin !

FD

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