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Tête de veau et nouvelle vague

S1E7

Dans son article numérique du 22 mars "Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : comment la région « en arrière ligne » est devenue l'une des plus touchées", la rédactrice confinée de "20 Minutes" (pas une de plus) Marion Pignot, qui connaît sans doute très bien le Bassin d'Arcachon (un pinhot étant un jeune pin qui sert de piquet pour délimiter les parcs à huîtres), nous explique que la Nouvelle-Aquitaine est devenue l'une des sept régions françaises les plus touchées par le virus Covid-19.

"Si la situation est relativement préservée en Nouvelle-Aquitaine, la vague arrive, nous l’escomptons." C’est ce que disait en milieu de semaine dernière le professeur Denis Malvy, expert infectiologue au CHU de Bordeaux. À ces mots, les surfeurs peroxydés ont mis la wax sur leurs planches pour attendre le swell à Lacanau-Océan. "La Nouvelle-Aquitaine était certes jusqu’ici « en arrière-ligne, grâce à une chasse farouche aux cas de Covid-19 », comme l’a assuré, jeudi, Daniel Habold, directeur du pôle santé publique de l’ARS (agence régionale de santé), mais le territoire ne fait que suivre « la pente d’augmentation qui est dans la modélisation » de l’épidémie." Là, Marion, les riders of the storm ont perdu le leash en plein bottom turn ! Pour faire simple, il y a une très grosse tempête au large et avec le vent d’Est, ça va fermer sur la gauche et on va prendre une droite.

Mais encore ? "Tout relâchement est impossible, car le moindre écart fait repartir des foyers d’infection, précise Jean-Stéphane Dhersin. Sans cela, l’épidémie peut finir en trois ou quatre semaines". Le mec est directeur adjoint scientifique de l’Institut national des sciences mathématiques du CNRS. Ça calme, tu le laisses s’élancer off the lip (sur la lèvre), il a la priorité pour faire un tube. "Il y a un décalage entre le moment où sont prises les mesures et celui où l’on peut quantifier les bénéfices. Il faut attendre deux semaines et en attendant le nombre de cas peut être multiplié par huit et les services de santé engorgés", analyse Jean-Stephane Dhersin. Les personnes infectées lundi, soit avant le grand confinement "n’apparaîtront aux urgences que la semaine prochaine et les cas actuels proviennent donc de brassages antérieurs".

Et voilà ! On risque de se retrouver dans la machine à laver, quand tu sais plus où tu habites, où sont le haut et le bas, les quais de la Seine ou les bords de L'Eyre. Comme le résume la Pinhot, il est par conséquent "encore tôt pour accabler les nouveaux arrivants du Bassin d’Arcachon". No souci (prononcer "soussaï"), mais on ne s’en privera pas si la Dune de l’Herbe ou le Pyla-sur-mer deviennent des clusters en avril à cause de nos Parigos "super spreaders" (propagateurs, dixit Jean-Steph Dhersin), super précurseurs de toutes les modes et tendances, pour le top meilleur et pour le super pire !

Le 22 mars, il y avait 106 cas en Gironde, désormais à l’avant-garde de la Nouvelle Aquitaine (nous sommes quand même presque six millions d’habitants dans la région, restez chez vous et tout ira bien). Nous sommes loin devant le Lot-et-Garonne, petit spot qui attire beaucoup moins que la Côte d'Argent. Je ne sais pas si j’ai toujours envie d’être un "local", moi. Tant pis pour la glisse, je vais sans doute tracer en Creuse. Qui sait ? Avec un tel nom, il y aura peut-être de belles vagues aux courbes bien formées quand déferlera le prochain tsunami.

FD

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